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Année : 2025
Auteur :
Docarragal Montero, Hector

Mots clés :

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Une profession, des architectes. Penser les relations entre les acteurs de l’architecture

Cet ouvrage collectif éclaire l’histoire et les enjeux actuels de la profession d’architecte avec une attention spécifique sur la façon dont celle-ci ne cesse de se recomposer et de se redéfinir en relations avec l’ensemble des acteurs investis dans l’acte de bâtir. Les contributions interrogent les pratiques émergentes, qui redéfinissent le cadre d’action des architectes ou plus largement leur positionnement social ou éthique, et montrent comment la profession s’adapte à un contexte mouvant. Au-delà des enjeux de la définition de l’identité professionnelle des architectes aujourd’hui ou par le passé, l’architecture est abordée comme champ, mais aussi comme discipline de recherche et d’innovation sur laquelle se fondent des espoirs pour alimenter les pensées et les actions dans un monde en profonde transformation environnementale, sociale et économique. Ainsi, cet ouvrage invite à explorer les pistes qui s’ouvrent à une profession d’architecte, qui tend à se (re)positionner à travers la diversité de ses pratiques contemporaines.

J’y signe un article intitulé :
« Du cadre institutionnel à la redéfinition d’une écologie de l’expérimentation hors norme. Quel rôle désormais pour l’architecte ? »

Au cours des dernières années, le renforcement des exigences des réglementations thermiques et environnementales (RT 2012 et RE 2020) a entraîné une multiplication des protocoles de certification de performance dans le secteur du bâtiment. Ces protocoles ont pour objectif de promouvoir un modèle d’efficacité environnementale exemplaire et hautement normé, intégré à chaque étape de la conception des projets. Présentement, cette démarche exerce une influence considérable sur la pratique du projet architectural.
L’idée de performance technique sous-jacente à l’imaginaire écologique normatif entraîne une stabilité sur la base de rapports mesurables et prévisibles (Supiot, 2015). De tels cadres normatifs, qui visent principalement à optimiser la performance énergétique de l’environnement bâti, acculent les architectes à concevoir d’emblée la spatialité de leurs projets, en fonction d’impératifs techniques imposés dans un souci d’efficacité. Cela confère un rôle important aux ingénieurs mais immerge la maîtrise des architectes dans un cadre de travail équivoque qui bouleverse les principes plus abstraits et conceptuels propres à l’architecture.
Le constat encore aujourd’hui de grands dérèglements écologiques amène pourtant à faire le bilan des effets d’un tel cadre écologique, lequel s’est installé dans le domaine de la construction depuis quelques décennies. Il en résulte que récemment, nous assistons à la consolidation des thématiques alternatives dans les médiations du domaine de l’architecture : la matérialité biosourcée, la réversibilité des bâtiments, la permaculture, l’architecture frugale et le vernaculaire.
En ce sens, l’exposition « Matière Grise » organisée au Pavillon de l’Arsenal en 2014 sous le commissariat de l’agence « Encore Heureux » en témoigne. L’exposition dévoilait une série d’initiatives expérimentales s’éloignant des formes habituelles d’organisation en agence d’architecture (Chesneau, 2020, p. 488). Elles débouchaient sur la création de lieux d’action sociale, telles les associations collectives, animés par un intérêt commun pour des pratiques alternatives qui tendent à s’écarter des normes et des réglementations admises afin de les dépasser. Ainsi, le cycle de conférences « Hors la loi. Pour dépasser la loi » organisé à la Maison de l’Architecture Île de France en 2015 à l’occasion de la COP21 de Paris présentait une série de projets interrogeant les standards écologiques. Ces derniers, sont-ils alors à la hauteur des défis environnementaux, telle est la question ?

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