
La transgression des normes en architecture et l’évolution des réglementations environnementales : l’impact des lois LCAP et ESSOC
Thèse de doctorat en Architecture préparée aux laboratoires AMP (Architecture Milieu et Paysage), ENSA Paris-La Villette, Hesam Université, Ministère de la Culture et GRECCAU (Groupe de Recherche Environnement, Confort, Conception Architecturale et Urbaine), ENSAP de Bordeaux ; sous la co-direction de Yann NUSSAUME, professeur des ENSA (HDR), VT, École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-La Villette et Denis BRUNEAU, professeur des ENSA (HDR), STA, École Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Bordeaux.
La soutenance aura lieu en présentiel le Vendredi 31 mai 2024 à 15h00 à l’Université Paris-1 Panthéon Sorbonne
(salle Jean -Baptiste Duroselle, galerie Dumas), 14 rue Cujas, 75005 Paris.
Composition du jury :
M. François GUÉNA, rapporteur, professeur des ENSA (HDR), STA.École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-La Villette.
M. Nicolas TIXIER, rapporteur, professeur des ENSA (HDR), TPCAU.École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble.
M. François FLEURY, examinateur, professeur des ENSA (HDR), STA.École Nationale Supérieure d’Architecture de Normandie.
M. Gilles LEFÈBVRE, examinateur, professeur des Universités.Université Paris Est Créteil – Institut Universitaire de Technologie de Créteil Vitry.
Mme Florence LIPSKY, examinatrice, professeure des ENSA, TPCAU.École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-La Villette.
Mme Carmen POPESCU, examinatrice professeure des ENSA (HDR), HCA.École Nationale Supérieure d’Architecture de Bretagne (Rennes).
Résumé
Le renforcement aujourd’hui des exigences des réglementations thermiques et environnementales (RT 2012 et RE 2020) conduit à la multiplication des protocoles de certification de performance dans le secteur du bâtiment. Ils visent à promouvoir un modèle d’efficacité exemplaire à intégrer dans la conception des projets. Face à ce modèle, une tendance architecturale émerge mettant l’accent sur l’expérimentation de savoir-faire écologiques innovants et souvent « hors-normes ». S’appuyant sur ce que Michel de Certeau appelait des « tactiques de résistance », ces pratiques expriment la volonté de remettre en question le modèle de cette ingénierie des normes « vertes » prédominant au profit d’autres approches inventives pour concevoir les solutions de performance environnementale. L’intérêt porté par l’État à ces stratégies se traduit par l’institutionnalisation de nouveaux protocoles de dérogation aux règles constructives favorisant l’expérimentation. Les votes en 2016 de la loi relative à la Liberté de la Création, à l’Architecture et au Patrimoine (LCAP) et en 2018 de la loi pour un État au Service d’une Société de Confiance (ESSOC) en témoignent. Parmi les concepteurs, l’utilisation de ces lois demeure cependant marginale, alors que leur ambition de créer une architecture écologique différente encourage des approches de projet dépassant le cadre législatif. La représentation cartographique de cette réalité expérimentale contribue à renforcer un imaginaire écologique complexe des projets architecturaux « hors-normes », qui se situent entre la transgression et l’intégration des exigences environnementales. Au cœur de cette réalité, associée à la pratique quotidienne du projet architectural, l’analyse ethnographique ouvre la voie, pour la profession, à une étude sur l’impact et la pertinence du cadre expérimental des lois LCAP et ESSOC dans le contexte des défis environnementaux.
